Anikó Ádám

Quels sont vos domaines de spécialité et de recherche ? Depuis quand vous intéressez-vous à ce sujet ? Depuis quand enseignez-vous à l’Université Catholique Pázmány Péter?
Le domaine des mes recherches est l’histoire et la théorie de la littérature en général, en particulier français. J’ai des origines en partie française, alors la culture française m’a toujours intéressé, dans mon enfance j’ai lu beaucoup, la littérature française aussi. A l'âge de’13 ans, j’ai lu en traduction hongroise A la recherche du temps perdu Marcel Proust. Le roman m’a captée, alors j’ai décidé d’apprendre en français pour pouvoir lire Proust en version originale.
J’enseigne à Pázmány depuis 1999, sous la direction et avec l’encouragement de mon ancien Professeur. C’est elle qui m’a transmis depuis la direction du Département de Français.

Avez vous fréquenté une université à l’étranger pendant votre formation universitaire? Vous êtes-vous inscrit(e) à un cours?
En 5e année, en 1985, à l’Université de Szeged que j’ai eu l’occasion pour la première fois dans ma vie de franchir la frontière et de passer 3 mois à Paris avec une bourse d’étude. J’y ai fréquenté des cours à la Sorbonne.

Si oui, comment avez-vous choisi le pays, l’université ? Vous-êtes vous renseigné(e) sur le responsable du cours choisi?
A l’époque le choix du pays correspondait à mes études de français. Puisque la Hongroie était beaucoup plus fermée qu’actuellement, je ne connaissais personne à Paris. J’ai reçu des lettres de recommandation de mes professeurs grâce auxquelles je pouvais fréquenter les cours en autres de Pierre Brunel, comparatiste de renom.

Avez-vous des connaissances récentes sur les activités de formation des universités des pays étrangers et sur les étudiants de ces établissements?
Bien sûr, depuis j’ai monté tout un réseau, en Europe et ailleurs, aux Départements de Français. J’avais beaucoup d’occasion d’avoir pu donner des cours de Brno, à travers la France, jusqu’à Philadelphie. D’après mes expériences les étudiants sont partout les mêmes : plutôt intéressés, jeunes et enthousiastes. Ils me motivent en général.

Avez-vous enseigné à une université d’un pays étranger ou mené des recherches en coopération avec les enseignants d’universités de pays étrangers?
Oui, j’ai participé à une recherche européenne sur l’histoire de la traduction à INALCO à Paris, nous menons une importante recherche sur la lecture avec 13 départements de français européens, une recherche bilatérale avec une université Parisienne, et au niveau de l’enseignement, l’Institut des Langues classiques et néolatine gère un réseau CEEPUS et beaucoup de collaborations ERASMUS.

Comment expliquez-vous le nombre relativement grand d’étudiants étrangers choisissant votre cours?
La réponse est simple: nous enseignons toutes les matières en français ce qui attire les étudiants français évidemment, mais les autres étudiants étrangers francophones aussi.

Quelles sont vos expériences  dans les relations avec les étudiants étrangers inscrits à vos cours?
Ils sont motivés par l’aspect centre européen et hongrois de notre enseignement de littératures, de cultures et de langues françaises et francophones. Et en général ils sont ravis de la vie universitaire à Budapest. Ils sont entourés des professeurs et des étudiants francophones ce qui leur facilite les affaires.

Avez-vous des relations personnelles avec les étudiants étrangers en dehors du cadre restreint des cours?
Oui, on organise des événements festifs en dehors des cours, alors j’ai l’occasion de les connaitre. Notre département n’est pas grand, alors les profs suivent de près les parcours de tous les étudiants.

Avez-vous la possibilité de contribuer à la transmission de la culture hongroise et d’encourager les étudiants étrangers à acquérir une vue d’ensemble  et une bonne compréhension de la Hongrie?
Oui, d’abord à l’Université Pázmány ils peuvent s’inscrire à des programmes culturels, et j’ai des cours sur les relations diplomatiques et culturelles franco-hongroises. Quand j’ai des cours sur la littérature française par exemple, je leur donne toujours des informations aussi sur cet aspect.

Pourquoi aimez-vous enseigner des étudiants étrangers?
Ils me motivent et ils motivent surtout nos étudiants hongrois. Leur présence nous est précieuse parce qu’ils assurent un contexte français a nos cours et à notre vie départemental.

D’après vous, peut-on constater une différence remarquable  entre les besoins et attentes des étudiants étrangers et hongrois?
Je ne vois pas beaucoup de différences. Les étudiants étrangers (cela dépend de leur pays de provenance évidemment) sont un peu plus sûrs d’eux-mêmes vu le fait qu’ils ont déjà accepté de passer un semestre à l’étranger ce qui aide énormément les nôtres à partir aussi.

Comment parvenez-vous à présenter aux étudiants étrangers notre université, son histoire et sa mentalité?
Il y a des documents, ils ont des cours et des programmes sur la culture et l’histoire hongroises. Moi-même, je donne chaque année des cours les relations franco-hongroises. Puisqu’ils sont inscrits à Pázmány, évidemment, ils connaissent en même temps Budapest et l’Université aussi.

Donnez-vous quelques fois des informations et conseils aux étudiants hongrois en matière de séjour à l’étranger dans le cadre de bourse Erasmus ? Si oui, sur quels points insistez-vous?
Oui, bien sûr, je leur donne des conseils pratiques (en général je connais les lieux et les collègues de l’établissement étranger), mais aussi des conseils concernant leur curriculum toujours du point de vue de leurs intérêts personnels et de leur formation chez nous.

En dehors de votre travail de formateur, à quelles activités consacrez-vous votre temps?
Je traduis beaucoup, je rédige des livres et des revues. J’aime le théâtre. Et évidemment j’ai ma famille…

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